Voici le jeune homme, le soleil, la poussière, le vent et la montagne, les oiseaux haut dans le ciel, et lui escalade la montagne. En écrasant tout sur son chemin, les roses, les gens, les plantes, les insectes et les petits animaux. Même dieu tout puissant lui est inconnu, seul le sommet importe, seul lui aussi.
Après tout il s'en fou, car telle était la volonté des autres, le sommet. Mais alors pourquoi à son arrivée aucun oiseau n'a chanté ?aucun humain n'a dansé ? Les gens lui étaient si indifférents, si...méprisants. Au sommet après plusieurs jours d'escalade, il se tenait seul, droit, le regard dans le vide et vide. La chair pleine de sang, découverte en plein air, tel un animal sans sa fourrure. A chaque pli de muscle de chair humaine, il y avait de la graisse blanche luisante au soleil. Quand son regard croisait celui d'un autre humain il n'y voyait que du mépris encore et encore. Il ne comprenait pas pourquoi il était si jaloux des autres, ces autres qui ne le jalousaient pas, pire encore, le méprisaient. Triste et incompris, au lieu de changer les choses, il pensait déjà au prochain sommet qu'il allait gravir, pourvu qu'on l'aime, pourvu qu'il s'aime. Frustré, avec sa tête chauve de l'intérieur socialement et humainement, son égoïsme ne soulage pas sa douleur. En montant cette montagne disait la colombe à ses petits, cet homme a perdu ses vêtements, il a perdu ses principes qui le couvrent et le rendent digne, détruit les règles, marché sur les gens et le monde extérieur ne voit plus ses exploits, il le voit nu, le sang sur son corps les effrayent, la graisse sur sa peau l'accumulation de ses mensonges, de sa mauvaise foi et de sa prétention les dégoutent. Alors ils ne l'aiment pas, tout comme lui-même d'ailleurs...le moi notre fidèle compagnon honnête.
Alors un autre jeune homme est arrivé avec son accordéon, pour jouer une mélodie joyeuse, et les gens en sont devenus heureux et gais, plus la musique continuait, plus ils dansaient, plus ils dansaient, plus il escaladait la montagne sans difficulté, il jouait, jouait, gratuitement, il jouait, jouait aux autres cette mélodie magique jusqu'au sommet, on ne voyait plus que lui, sa mélodie dégageait une poussière blanche et douce, formant un nuage qui cacha le monstre, effrayant et dégoulinant, les oiseaux chantaient et le musicien en s'inclinant par remerciement, tomba du haut de la montagne et fut rattrapé par les gens...l'histoire recommença de nouveau, ils restèrent unis et continuèrent dans la joie oubliant celui qui n'a jamais été le souvenir de quelqu'un, jamais l'idole envié, simplement et bêtement la bête à abattre.